monnaie_localeMonsieur le maire,

       Par la présente, je vous fais part de ma préoccupation du moment, peut-être aurez-vous envie d'y réfléchir un peu, tant l'enjeu pour notre ville est important. Voici de quoi il s'agit :

      Les banques nous ruinent et tentent de nous mettre en esclavage. Par le « Traité transatlantique », la France risque de devenir une simple province américaine. Notre destinée sera donc entre les mains de ceux qui supervisent les USA. Or les USA sont sous la tutelle d'une dette insurmontable de 852 000 milliards de dollars (en 2013), 2,79 millions de dollars par personne !!! Tout évolue comme prévu par le club Bilderberg, le CFR et la Trilatérale : crises, guerres, OGM, pollution, éducation, etc. A ce sujet, je vous conseille trois lectures : « la guerre des monnaies », de Hongbing Song, « la véritable histoire des Bilderbergers », de Daniel Estulin, et « Le livre noir des banques », ouvrage collectif de ATTAC & Basta! Avec ça, vous allez être motivé ! J'ai aussi en ma possession le bilan du Crédit Agricole, fait par un actuaire. Ca craint !!! Cependant, la prise de conscience semble être rapide. La promotion actuelle de l'ENA s'appelle « ORWELL » !!! Bref, nous devons nous protéger. Or, au jour de l'effondrement organisé, il y aura forcément un moment où l'État ne contrôlera plus rien, ce sera alors facile d'installer une monnaie locale juste et honnête, prélude à notre renaissance rapide, à condition de s'y être préparés à l'avance.

      Voici ce que je propose : l'astuce, ce serait d'avoir une monnaie uniquement papier, (la monnaie électronique est trop facile à contrôler de l'extérieur), non convertible en aucune autre monnaie (comme le yuan chinois), et surtout distribuée en mains propres aux gens, gratuitement et à parts égales [une part par personne, donc quatre parts pour une famille de quatre].

      Ce ne seraient plus les banques qui créeraient la monnaie, mais la mairie. Dans cette logique, l'argent en lui-même ne serait qu'un vecteur d'échanges qui n'aurait aucune valeur, puisqu'il n'y aurait plus de titres, plus de dettes échangeables, plus de créances d'aucune sorte, juste les billets d'une monnaie fiduciaire, distribués gratuitement, qui ne serviraient qu'à vendre et acheter. Les intérêts seraient interdits.

      Mon idée est donc de supprimer toute possibilité d'attribuer une valeur à cette monnaie... Elle ne servirait que de mesure économique. Il faudrait, selon moi, calculer les besoins en monnaie de la population, et la lui DONNER, juste comme un moyen de troquer ses produits et services. De la même manière qu'une route sert à se déplacer, une piscine à nager, l'éclairage public à bien voir, un téléphone à communiquer, un terrain de foot ou de tennis à jouer, la monnaie devrait être gratuite pour échanger. Ensuite, j'aime bien l'idée de Bernard Friot de garder la propriété d'usage, mais d'interdire la propriété économique afin de la mettre au service de tous, un peu comme à Marinaleda en Andalousie, Espagne. Mais bon... on n'en est pas là.

      Après, sous le contrôle de scrutateurs communaux, on pourrait gérer la création monétaire et l'épargne, de sorte qu'il y en ait assez pour les vauréens, les entreprises et les administrations, quitte à élargir par la suite à d'autres populations locales, si notre système fait envie.

      Supposons un conseil municipal qui comprend l'urgence de se protéger contre l'imminente destruction de notre art de vivre qui se profile à l'horizon. Supposons qu'il a vérifié que c'est tout à fait légal de créer sa propre monnaie ; comme il y en a des centaines rien qu'en France, tels les tickets restaurants, les points des commerçants, les chèques vacances, les miles des compagnies aériennes, les monnaies locales, les SEL, le JEU  les cryptomonnaies, la monnaie libre Ğ1 (se prononce june), etc. Supposons qu'il connaisse bien une imprimerie. Qu'est-ce qui l'empêche de faire imprimer des billets de 1, 2, 5, 10, 20, 50, 100 et 200 "vivre ensemble", ornés d'autant de portraits de méritants locaux dessinés par un artiste d'ici, de les stocker, puis le jour de l'effondrement, de prévenir ses administrés par journal interposé, d'avoir à venir chercher leur part à la mairie, en précisant que si l'expérience marche, il renouvellera ? Mmmm ? C'est faisable en un mois, ça.

      Naturellement, il faut prévoir plusieurs monnaies pour un même territoire, et en changer assez souvent, pour décourager les faux monnayeurs.

Pour finir, j'ai envie de vous poser cette question : la Commune est-elle prête à amortir les conséquences d’un effondrement global avec blocage des réseaux bancaires, de la santé, des carburants, d’alimentation, d’électricité, des communications, de distribution d’eau, de l’hébergement de personnes en errance, et même du simple fonctionnement de l’administration communale ? Mmm ? cela m'étonnerait beaucoup ! SOS maires propose des solutions. il est intéressant de s'en inspirer.

Et maintenant, voici une courte histoire, afin de comprendre le rôle de l'argent :

Les temps sont durs, le pays est très endetté, tout le monde vit à crédit.

Arrive un riche touriste. Il arrête sa belle voiture devant l'hôtel et entre.

Il pose un billet de 200 euros sur le comptoir et demande à voir les chambres disponibles afin d'en choisir une pour la nuit.

Pour 200 euros, le propriétaire de l'établissement lui donne toutes les clés et lui dit de choisir celle qui lui plaira.

Dès que le touriste a disparu dans l'escalier, l'hôtelier prend le billet de 200 euros, file chez le boucher voisin et règle la dette qu'il a envers celui-ci.

Le boucher se rend immédiatement chez l'éleveur de porcs à qui il doit 200 Euros et rembourse sa dette.

L'éleveur, à son tour, s'empresse de régler sa facture à la coopérative agricole où il se ravitaille en aliments pour le bétail.

Le directeur de la coopérative se précipite au café régler son ardoise.

Le barman glisse le billet à la prostituée qui lui fournit ses services à crédit depuis déjà un moment.

La fille, qui occupe à crédit les chambres de l'hôtel avec ses clients, court acquitter sa facture chez notre hôtelier, lequel pose le billet sur le comptoir, là où le touriste l'avait laissé auparavant.

Ce dernier redescend l'escalier, annonce qu'il a trouvé une chambre à son goût, et emmène la prostituée dîner au restaurant de l'hôtel, sans se douter que son billet a réglé toutes les dettes du village.

Personne ne produit rien ! personne ne gagne rien, mais plus personne n'a de dette. C'est la magie de la monnaie !!!

Voilà pourquoi les banques n'ont aucun intérêt à ce qu'on se fabrique nous-mêmes notre monnaie. Elles s'enrichissent quand elles font crédit, utilisent notre argent pour spéculer contre nous, nous pillent quand on est endettés. On leur rapporte des milliards, et en plus elles ont le culot de nous facturer des frais !!!

Sur les billets, on peut en profiter pour :

Rappeller des hauts faits des gens du cru et montrer que notre ville est capable d'innover ; redire que c'est légal, que si on n'a pas le droit de refuser de payer en monnaie FIAT, en ce moment l'€, on peut par contre créer autant de monnaies qu'on veut.

Remercier le maire et le conseil municipal pour l'attention qu'ils portent au bien vivre ensemble,

Signature 

VOUS ÊTES AUTORISÉ À COPIER CETTE LETTRE, À L'ACTUALISER EN Y REMETTANT LE NOM DE VOTRE VILLE ET EN RAPPELANT LES FAITS VALORISANTS DE VOS VOISINS ET AMIS.

Rappel de ce qu'est une monnaie par André Orléan

« La monnaie c’est autre chose qu’une marchandise, c’est quelque chose qui est de l’ordre du collectif, du lien social, c’est la collectivité qui à un moment donné se reconnaît dans un signe et qui le définit comme le désirable absolu ; et c’est ce désir pour la monnaie qui est constitutif d’un groupe,et quand un groupe se reconnaît dans une monnaie donnée, c’est là l’événement central de la définition monétaire. »

«Quand les monnaies sont liées à la valeur du métal, même dans le cas de l’or, ce qui compte c'est le désir monétaire qu’on a pour l’or en tant que monnaie. »

 « Le cas de l’euro est un cas extrême dans lequel on a voulu sciemment déconnecter le pouvoir d’émission de la monnaie de la dette publique. »