Ubérisons l'État !

Bernard Maris

Bernard Marris, tué dans l'attentat du journal Charlie Hebdo

 Depuis quelques années, on nous parle de détruire ce qui reste debout de notre économie ! Ubériser est un concept à la mode. Cela consiste à changer le quidam or­di­naire en taxi ; alors que bien de ces artisans signent un crédit pour acheter leur droit de travailler, et paient des charges taxes et amendes. Quelle arrogance ! Même cho­se avec les hôtels. Là, c’est airnbnb qui officie, une autre boite américaine. Mais ils se pren­nent pour qui, ces glandus qui veulent jeter des millions de gens à la rue ? A tout pren­dre, il faut débuter par les élus et associés qui cu­mu­lent des tas de revenus. Là, il y a des milliards à gagner. Tout le mon­de s’en trou­verait mieux. D’ail­leurs Etienne Chouard accuse la constitution de la Vème répu­bli­que, d’être tolérante à bien des abus. Mais on peut quand même sécu­ri­ser tout le mon­de pour créer une société apaisée. Voyons cela :

A mon avis, la cause première actuelle, il y en a eu d’autres avant, se situe dans l’ar­gent dette. Comme vous le savez, il n’y a que de cette monnaie en cir­cu­la­tion. Si per­sonne ne contracte des crédits, il n’y a pas d’argent dans nos porte mon­naies, ni sur nos comptes bancai­res. Notez bien qu’on ne parle pas d’emprunts, on par­le de crédits, parce que les ban­ques ne prêtent pas leurs avoirs, mais créent l’ar­gent que vous leur demandez, puis assor­tissent d’un intérêt... cette création à partir de rien !!! Un intérêt sur rien !!! On n’a jamais pensé plus arrogant, ni plus esclavagiste. D’ha­bitude, quand on dit qu’on prête quelque cho­se, cela veut dire qu’on possède ce qu’on prête, et qu’on le cède pour une durée prévue à l’avance. Dans ce cas, on parle d’un loyer. Mais les ban­ques, elles, ne prêtent rien, elles tapent des chiffres au crédit de votre compte, crédit qu’elles repor­tent au passif du leur. C’est juste un jeu d’écri­tu­res sur un clavier d’or­dinateur, pas plus ! Or, cette comptabilité n’a pas de valeur pour elles, puisqu’elles ­truisent l’ar­gent crédité à chacun de vos paiements ! Vous pou­vez le vérifier sur un tableau d’a­mor­tissement. Ce qui les in­té­resse, ce sont les in­té­rêts qu’elles s’oc­troient sur la somme qu’elles ont inventée, pour vous taxer de VO­TRE TRAVAIL ! C’est de l’es­cla­vage pur et dur.

Et que font-elles de tout l’argent qu’elles ont et qu’elles ne prêtent pas, y inclus celui que vous laissez sur vos comptes bancaires ? Mmm ? A votre avis, elles les gar­dent dans des coffres ? Ah, mais des chiffres dans des coffres, c’est ubuesque, ça ! Moi, je parierais qu’elles spéculent avec leur argent et aussi avec le tre… Et si elles font faillite, que se passe-t-il ? Mmm ? Quelques milliards de garanties du FGDR pour des milliers de milliards joués. Cela vous rassure ? Sans compter que cette spéculation non contrôlée nous coûte bonbon. Certains l’établissent à 70 % du coût de la vie !!! Imaginez la vie 70 % moins chère sans les banques ! La voiture payée 20 000 € revient à 6 000 € ! 

repatition entre l'economie reelle et l'economie financiere en 2007

 

Vous trouvez ça normal, vous ? 

Et c’est pas fini ! Quand une banque crédite des chiffres sur votre compte, elle n’en écrit pas assez, puisque les chargements ne sont pas créés, et que le principal est dé­truit à cha­que paiement. Quand on signe un contrat de 1000 €, seuls ces 1000 sont in­ven­tés. Or, on a combien en frais, taxes, intérêts, assurances et bénéfices en plus ? Leur équi­va­lent monétaire n’e­xis­te pas. Le résultat est qu’il n’y a pas assez de fonds pour amor­tir tous les crédits. Si nous devions res­ti­tuer d’un coup toutes les créances qui circu­lent dans le monde, il man­que­rait beaucoup d’ar­gent. Après, quand il faut s’acquitter des men­sua­lités, c’est un jeu de chaises musicales. Il n’y a pas des sièges pour tout le monde ; et là, vient le second acte de pillage : on envoie les huis­siers pour prendre les biens du défail­lant ! Ce n’est pourtant pas de sa faute, puisqu’il n’y a pas assez de mon­naie dispo­ni­ble. Sans compter que les lois favorisent si bien les ri­ches, qu’ils siphon­nent la plupart des capitaux : 2 % pour l’éco­no­mie réelle et 98 % pour les financiers !

Et L’État s’y met ! Il impose trop de monnaie à la population concernée, ce qui la dévalorise ; il ajoute de l’inflation par la hausse des prix publics, des taxes, amendes et autres im­pôts, il ajoute du chômage par le jeu de la concurrence obligée (sauf pour EDF), il bloque les revenus, etc...

Or, on peut remplacer l’argent dette par une monnaie libre. Cela n’a rien à voir avec les arnaques que sont les monnaies locales, genre kopeck ou le sol vio­let­te tou­lou­sain, lesquelles ne sont que des euros - dette déguisés. La mon­naie libre est basée sur la TRM de Stéphane Laborde. On en a un aperçu à Laval avec le Sou Mayennais qui crée autant de sources d’argent qu’il y a de par­ti­ci­pants ; alors qu’avec l’euro, on n’a que quel­ques sour­ces, à savoir les ban­ques et à condition d’acheter des crédits. A cet égard, j’ai participé deux fois au jeu Geconomi­cusLe matin avec une seule banque à Laval qui acceptait le régime des héritages, mais très sévère, ce qui a généré de la fausse monnaie et 800 Unités Monétaires de CA ; contre deux banques à Toulouse, dont une moins chère, pas d’héritage, pas de fausse monnaie, qui ont généré 1300 UM de CA. Le soir avec la TRM, les échan­ges entre partici­pants ont bien aug­men­té : + 15 % à Laval, (les bretons se mettaient en coopérative ou pre­naient des congés), + 50 % à Toulouse (car tout le monde est resté actif) ! En plus, les écarts de richesse ont presque disparu à Toulouse, il en restait un peu à Laval (sur 80 ans). Même si, à cause de mon habitude d’épargner, l’éli­mi­nation de l’ancienne monnaie tous les huit ans m’a parfois un poil gêné, (elle était souvent compensée par le dividen­de universel), j’ai vécu dans une société plus dyna­mi­que, plus con­fiante et peu à peu plus détendue et joyeuse. On n’est plus dans le mê­me pa­ra­dig­me. Je ne suis pas de­vin, mais on peut quand mê­me pré­voir que cette vie plus fa­ci­le, pro­dui­rait moins de délin­quance dans la so­ciété, et moins d’ar­ro­gan­ce de la part des États qui n’au­raient plus les mêmes leviers.

Avec la TRM, l’ubé­ri­sa­tion fait sens. Elle est sécurisante, car chacun peut choi­sir de tra­vail­ler ou pas à ce qui lui plaît. On n’est plus obligé de monter une en­tre­pri­se ou de pren­dre un poste de salarié ou de fonctionnaire. Comme nous venons de le voir, nombreux sont ceux qui choi­sissent d’échanger, de travailler. Nous pouvons donc ubé­riser L’État, en fait le rem­pla­cer au même titre que les taxis, car son person­nel élu ou pas, rendu impuis­sant par la mondialisation, son incompétence, sa cu­pi­dité et sa corruption, ne donne plus satisfac­tion ! Eh oui, c’est une façon logique de dé­mo­cra­ti­ser la vie socia­le. Là aussi, ce se­rait sans risques, même pour les poly­to­cards.

Sans compter qu’il y a aussi le système Robin, qui lui fonctionne sans taxes, impôt, amendes et charges sociales !!! J’ai fait une étude comparative de ces deux systèmes. Je vous la recommande. 

marion

 Bref, dans l’économie actuelle, uber, airnbnb ne sont que des actes de des­truc­tion de nos revenus. On peut aisément prévoir d’immenses difficultés si on ne fait rien pour les arrêter, car ces modèles peuvent s’étendre à la plupart des métiers. Par con­tre, dans le cadre d’une monnaie libre ou du système Robin, ils sont des vec­teurs gé­niaux de démo­cra­ti­sation de notre société. Donc, rien de mieux que de repren­dre l’or­ganisation du pays dans un sens logique :

- d’abord prévoir une monnaie libre et sûre pour tous, et pas seulement pour les Men­teurs Voleurs Tueurs de la soi-disant république issue d’une soi-disant révolution fran­çaise, qui a été ainsi nommée... par les faussaires qui l’ont menée. Cela nécessite aussi de mettre en place une constitution démocratique hon­nête, des lois honnêtes, et une justice digne de ce nom. C’est le mini­mum requis pour vivre en paix.

- ensuite, suivre de près ce que cette nouvelle structure crée peu à peu, et sanc­tion­ner ce qui n’est pas dans la ligne décidée par le plus grand nombre possible.

 

Bernard Lombard sur : http://jesuisunraleur.canalblog.com

Ne me jetez pas sur la voie publique, svp.