agacé

Je n'aime plus !

Je ne sais pas ce qui se passe, mais je n'aime plus mon département, ma famille, mon travail, mon village, mon pays, rien, je n'aime plus rien ou si peu. Bien des habitudes sociétales deviennent un devoir, que j'exécute par pitié d'un système qui se meurt. Ca me fatigue rien que d'y penser.

Tout m'agace : une guerre fratricide dans un livre d'histoire bloque parfois ma lecture des semaines, tant ces "gesticulations" me paraissent ridicules. Il y a aussi le dysfonctionnement d'un outil mal étudié, ou trop vite obsolescent, ce qui me fait dire : « si vous ne savez pas faire quelque chose de bien, ne le faites pas. Cela a l'avantage de n'ennuyer personne ». La mé­diocrité est si détestable ! Et puis surtout, la malhonnêteté ! Alors là, elle est si présente, qu'on la sent, mesquine, se glisser en des occasions où elle est si inutile, que j'en reste pantois ! Nais­sent alors une pitié et un éloignement bien tristes, tant les conséquences conjuguées sont alar­mantes, quant au sort final qui nous est réservé. Et puis il y a mes incapacités, mes défauts im­possibles à corriger, qui me font penser que c'est pareil pour les autres, et que notre ci­vi­li­sation est coincée dans un carcan ingérable.

Ainsi, je me sens étranger sur la Terre. Je plains notre humanité que je trouve abrutie de cupidité et de méchanceté. Mon idée est que ces comportements créent une peur paralysante qui bloque toute évolution. En plus, les peuples sont arrosés de mensonges. Personne ne sait assez de vrai sur notre planète, pour la diriger avec sagesse. Souvent, j'espère me tromper pour continuer à croire en quelque chose. Dans ces moments, j'imagine un groupe d'in­cor­rup­ti­bles qui attendent leur heure, mais c'est bien hasardeux de penser cela ; ou encore, pour ex­cu­ser notre piètre mais si arrogante façon de vivre, j'imagine qu'un programme d'abru­tis­se­ment de l'humain, est entretenu par des ennemis invisibles, qui nous utilisent comme système de destruction du monde, par orgueil, par vengeance, ou aux fins de prendre notre place !

L'usure commune est facile à voir sur le Net, où des tas de gens partent en guerre contre tout ce qui leur passe sous le nez, juste parce qu'ils supposent ceci ou cela, d'après leurs pro­pres croyances qu'ils n'ont pas vérifiées. Souvent, sans le savoir, ils servent à gêner voire dé­trui­re des concurrents potentiels ou avérés, au profit d'intérêts dégradants, qu'ils ne soup­çon­nent même pas. Tout y passe, même le beau, même le sublime. On saccage par ignorance. C'est désespérant.

Il y a aussi les discussions issues d'un sujet légitime et intéressant, qui finissent en une longue litanie de plaintes et d'accusations stériles et ennuyeuses.

Côté politique, c'est un désastre. Pour le décrire, un mot vient de réapparaître : conchier, qui signifie : souiller d'excréments. C'est dire le niveau ! Sur eBay, on trouve un lien pour hom­mes politiques à petit prix. Là aussi, cela indique jusqu'où la considération de leur fonc­tion a dévalé ! Et c'est normal ! Ce sont eux qui rendent possible le pillage généralisé de notre planète par les plus riches, soi-disant compétents, sauf qu'ils ne sont même pas capables de comprendre, qu'ils sont en train de rendre ce monde invivable ... même pour eux !!!

Alors chez moi, je suis bien, devant mon clavier, au milieu de mes lectures choisies et des si­tes visités. Je sors parfois avec curiosité de ma tanière, mais j'y retourne avec plaisir. Puis là, dans mes rêves, je regarde vivre des gens imaginés. Ils m'intéressent. Je fais un peu de chemin avec eux, mais au bout du compte, ils sont attirés par d'autres énergies que les miennes, et je me retrouve seul, à essayer de comprendre ce monde qui n'en finit pas de m'étonner, par son mélange de génie et de froidure.

Il y a un manque. Un ressort est cassé. Je ne sais pas si je si je suis capable de le réparer.

J'en conclus que si l'énergie qui m'a conduit jusque-là est corrompue, il me faut me laisser gui­der par un autre chemin, distant de celui de cette société qui est en train de s'effondrer, y trou­ver une source à l'énergie plus intelligente et plus conviviale, m’y régler dessus aux petits oignons et voir ce qu'elle peut amener.