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Je suis allé aux douzièmes RML (Rencontres des Monnaies Libres). Elles se déroulaient à Bordeaux, sous la houlette de 1000i100. J’y suis arrivé le dimanche soir et j’en suis reparti le vendredi dans la nuit ; car le samedi j’avais un apéro monnaie libre à Lavaur, et le dimanche je distribuais des tracts à la 6ème foire de la récup à Albi.

Dès le lendemain, nous avons une conférence de Jean François Noubel qui nous explique que le principe de la blockchain, à savoir fournir la preuve à tout prix, est fort coûteux en temps et en énergie, que cela pousse à la concentration des moyens qui mène aux monopoles, que son principe est déjà dépassé, qu’il nous faut migrer dans un nouveau système plus léger : l’holochain, soit vers ce qu’il nomme l’intelligence sociale augmentée

Nous avons aussi étudié les possibilités d’implanter la Ğ1 dans des écovillages. Là, Gil nous a beaucoup fait rêver de par ses connaissances très précises et efficaces. J’ai déposé sur le forum, notre travail si bien mis en forme par Anne Amblès ; et nous avons eu une réponse, à savoir que le fonctionnement d’un écovillage n’encourage pas aux échanges entre ses habitants car ils achètent tout en gros et qu’il reste peu de dépenses personnelles.

J’ai aussi bien aimé l’idée que chacun propose un atelier. Le sujet du mien a été : comment remettre ses rêves en ordre pour être soi, à fond, sans concession (ce qu'en langage courant on nomme la MISSION DE VIE). Ma prestation finie, j’ai participé à ceux des autres. Ce sont des voies de recherches intéressantes.

J'ai beaucoup été intéressé par la confrence sur le sou mayennais : le marché régulier en plein air, les salles des services sociaux obtenues grâce à des associations,  les vingt producteurs qui acceptent de vendre une partie de leur production en Ğ1. Il y en a eues beaucoup d'autres, dont celle de Pi qui nous a présenté son site Axiomteam. C'était passionnant.

En plus, le programme était ambitieux, de très grande qualité, et l'équipe de bénévoles très efficace. C'était pourtant difficile, du fait qu'il y avait plusieurs lieux, qu'il fallait laisser les salles en l'état et déménager presque chaque soir une pleine voiture de cartons. Merci donc à elles.

Mais dès le jeudi, on sentait venir un changement important dans le développement de la monnaie libre : la montée en puissance du pouvoir des nouveaux «législateurs», à savoir celui des programmeurs qui voulaient être payés pour leurs prestations. Cela se comprend, mais on n’est plus dans une monnaie libre pure, puisqu'on débouche sur une obligation, celle de rémunérer ceux qui créent les programmes au motif qu’ils travaillent beaucoup au développement de la monnaie. Or, ils ne sont pas les seuls à se démener pour la June. Travailler derrière un ordinateur coûte bien moins cher qu'organiser un événement : déplacements, photocopies, tasses jetables, boissons et aliments à partager, ordinateurs, vidéoprojecteurs, écrans portables, etc. Et puis, que valent leurs logiciels sans les organisateurs et participants aux apéros monnaie libre, aux RML, aux Geconomicus, Gmarchés et j’en passe ? Et si on décide de tout mettre sur des carnets papier, il se passe quoi ? Enfin, que va-t-il rester comme attractivité pour la June, s'il faut rémunérer ses promoteurs ? L’idée que cela m’inspire, c’est que mis à part le DU par création monétaire, et le remplacement du crédit destructeur par l'emprunt moins nocif, tout le reste ressemble au fonctionnement habituel de l’argent dette ; avec en plus des prix souvent trop élevés. J’ai payé chaque sandwichs 50 Ğ1, soit quasi cinq jours de DU, une coiffure 10 DU, soit dix jours de revenus ; où est la logique ?

Du coup, vendredi matin, quand Stéphane Laborde a exigé le paiement immédiat de 100 Ğ1 pour sa conférence, il s’est produit un refus de continuer dans cette voie. Une bonne part des personnes présentes a quitté la salle de conférence, pour se regrouper à l’étage en-dessous. Des mails, des téléphones ont étés échangés. L’idée est de redéfinir la monnaie libre, d’écrire exactement ce qu’on cherche à mettre en service et de le présenter aux 13èmes RML qui auront lieu à Perpignan fin mai, début juin 2019.

Pour ma part, je propose que notre monnaie n’accepte pas les prêts à intérêts, que la masse monétaire dormante puisse être utilisée gratuitement à des œuvres choisies et contrôlées par les membres de la Ğ1, que chaque compte dispose d’un bouton don.

La réflexion poussée un peu plus loin m’amène à l’idée que nous pourrions parler monnaie en 1/24èmes pour simuler les heures, et payer avec une meilleure conscience de la valeur des échanges. En ce moment, 1/24ème de DU = 0,4183 Ğ1. Cela évoluerait tous les six mois.

J'attends vos réflexions, afin d'améliorer la compréhension de nos besoins et de nos rêves.