solidarité

La diversité est la mère de la sécurité

ou encore :

Il faut de tout pour faire un monde.

 

      Notre monde change en permanence. Nous constatons parfois qu’une de nos habitudes ne fonctionne plus comme avant, qu’il y a de cela quelques mois nous n’avions aucun souci et même du succès ; puis que plus rien ne marche, que nous allons d’échec en échecs, que nous sommes dans l’obligation de nous remettre en question. C’est fréquent. On ne vit pas en ce début de XXIème siècle comme au XIXème. C’est évident. Le monde est plein de villes célèbres noyées sous des océans d’eau ou de sable, de langues disparues dans la poussière des déserts, de fières civilisations délaissées, d’inventions et savoirs-faire périmés, de croyances oubliées. Rien n’est éternel, il faut se réinventer un peu chaque jour.

 

Oui, mais à partir de quoi ?

 

      Changer prend du temps. Nous ne sommes pas des robots programmables en quelques heures. Une vraie remise en question prend des mois sinon des années, et pour nombre d’entre nous des décennies voire toute la vie. Tenir le coup en attendant le nouveau bien-être nécessite de compter sur les autres, donc de nous imiter, d’échanger et de nous entraider.

      L’évidence apparaît ici que plus une société suscite des initiatives, plus elle se diversifie, plus il est probable qu’elle détienne la bonne solution à l’instant critique, solution que nous pouvons alors copier sans honte, puisque le monde se renouvelant sans cesse, chacune est la reproduction dans un contexte nouveau, d’un ancien modèle éprouvé en d’autres circonstances, et qu’elle a donc sa chance d’être performante à un moment ou à un autre, même si bien des cycles dépassent la durée de vie humaine.

      Ainsi, on sait bien que la diversité est souhaitable ; mais cela ne veut pas dire que nous sommes obligés de copier qui que ce soit, et encore moins de nous soumettre. Cela veut juste dire que dans une société variée, nous avons plein de solutions autour de nous, que nous pouvons les tester, les mélanger à souhait, jusqu’à ce que quelque chose nous convienne ; et que quand tout va bien pour nous, nous enrichissions notre entourage qui peut alors rénover sa façon d’être.

 

La tolérance est donc souhaitable, oui mais…

 

      Oui, la tolérance est souhaitable, mais à condition que nul ne s’avise de contraindre qui que ce soit à l’imiter, à subvenir à ses besoins, à utiliser ses services, etc. Or que fait-on en ce moment où tout est obligatoire, piégé ou interdit ?

      Du coup, nous débouchons sur une grande fatigue à nous remettre en question chacun dans son coin, dans une usante ambiance sabotée depuis des décennies, tout en surveillant les myriades de lois truquées et leurs auteurs coercitifs, pour ne pas se faire piller ou massacrer. La créativité baisse, la société coincée par la dictature sournoise a du mal à évoluer, on parle de collapsologie et même d’un effondrement possible voire probable…Chacun sent bien qu’il lui faut évoluer, le voudrait, mais usé par le manque de ressources nouvelles, lâche sa recherche et tend à un fatalisme reposant. Il arrive cependant qu’au bout de son désespoir, il se crée un comportement social nouveau plus naturel, plus doux, au final plus rassurant.

      De mon point de vue, les gilets jaunes sont nés de cette usure qui a muté en un grand ras le bol tranquille, pas agressif juste parce qu’il est né de gens harassés.

 

Gilets jaunes crècheJoyeux Noël !

Lâcher les brides

 

      D’autres pays aussi fatigués par la mondialisation imitent les gilets jaunes. Le mouvement s’internationalise. Tapez "les gilets jaunes s'exportent" dans votre navigateur : Belgique, Bulgarie, Pays bas, Tel Aviv, New York, Dublin, Portugal, Tunisie, Pologne, Liban, Allemagne, et d'autres protestent aussi. Il me semble opportun de lâcher toutes les brides, évidemment dans un cadre négocié et admis, puis de voir comment la société évolue, de sentir si elle est capable d’atteindre et de goûter à une conscience nouvelle.