la crise de l'iode

          Mercredi dernier, Chantal me hélait sur les allées Jean Jaurès, alors qu’elle finissait de siroter un café en terrasse ombragée avec son amie.

          Tout de suite, elle me parlait du livre de Lynne Farrow publié aux éditions Dangles : « la crise de l’iode », sous titré : tous carencés ? L’impact sur notre santé.

          L’après-midi, je m’en procurais un exemplaire à la librairie de Lavaur, et le lisais d’un trait. J’y apprenais que notre alimentation était privée d’iode, par erreur scientifique ou par calcul, alors qu’elle guérissait depuis plus de 15 000 ans. On utilisait depuis des siècles ses effets sur la toux, l’angine, le goitre, l’eczéma, la fatigue, la syphilis, l’obésité, la malaria, la dépression, la scarlatine, les rhumatismes, les douleurs du sein, les ganglions enflés, l’athérosclérose, les kystes ovariens, le fibrome utérin, les douleurs abdominales, l’hypertrophie de la prostate, la bronchite et la pneumonie, l’empoisonnement au mercure au plomb et à l’arsenic.

          Cela n’empêchait pas les instances médicales du XXème siècle, de remplacer l’iode par le brome et le fluor, tous deux connus pour être toxiques ; alors que la liste actuelle des bienfaits de l’iode est bien plus longue que celle citée ci-dessus !

          Le lendemain, commençait une bataille que je ne soupçonnais pas : c’était difficile de se procurer de l’iode sans ordonnance, alors que d’une part cet élément chimique naturel de symbole i, est inscrit au N° 53 du tableau de Mendeleïev ; et que d’autre part, l’iode est nécessaire à notre santé quotidienne et en cas « d’accident nucléaire » ! J’en avais déjà parlé ici… dans une circonstance troublante.

          La première pharmacienne ne connaissait ni le Lugol, ni l’iodoral®. La seconde proposait de me préparer du Lugol; mais il fallait décliner son identité, pareil que si j’avais voulu acheter une kalachnikov, puis elle me rappelait quelques heures plus tard sur mon portable pour me dire qu’elle ne m’en procurerait pas.

          Alors, j’allais me fournir en alimentation bio iodée : tartares d’algues, sardines aux algues et autres salades de goémons réduits en paillettes qu’on saupoudre sur les plats. J’envisageais aussi de me goinfrer de bulots, crevettes, poissons, huîtres et autres fruits de mer. J’exige d’être en pleine forme, cela ne se discute pas. La vendeuse me suggérait d’appeler une pharmacie de son village, ce que je faisais, négligeant ainsi, les deux autres pharmacies de chez moi.

           Je devais être un poil carencé en iode, car l’effet des algues sur ma santé était immédiat : plus besoin de me lever la nuit pour pisser, et donc sept heures de sommeil d’un trait, ce qui était bien confortable.

          Quelques jours plus tard, je réussissais quand même à commander pour 15 € annoncés, mais 18,67 € payés, 100 millilitres de soluté de Lugol à 5 % dans la pharmacie du village voisin ; mais quand elle me rappelait, elle me disait qu’elle ne pouvait me le livrer que contre l’ordonnance d’un médecin agréé. Je l’obtenais sur l’heure et allais chercher ma commande. Quand je présentais l’ordonnance, j’en étais déjà au sixième jour, l’employée me demandait ma carte vitale ! Je lui annonçais que je l’avais perdue depuis des années, que de toutes les façons ce n’était pas remboursé. Il me fallait alors décliner mon adresse postale, ce qu’elle vérifiait et notait sur son ordinateur relié à la sécu… En plus, elle écrivait sur mon ordonnance, le numéro à six chiffres noté au stylo à billes à deux endroits sur l’étiquette de la bouteille de soluté de Lugol ! Elles sont impressionnantes, les mercenaires de la chimie  ! On croirait qu’on achète du césium 235. Normal, le soluté de Lugol n’a pas de brevet, il peut être préparé par n’importe quel pharmacien, la grande industrie ne peut pas faire des tonnes d’argent dette avec, ni rendre malade. En plus elle n’apprécie pas qu’on améliore sa santé, cela lui fait perdre des clients. T’es fiché récalcitrant aux pollueurs légaux, mec, me disais-je.

          Cependant, maintenant que je suis équipé, je vais tester ça à ma façon, et vous tiendrai au courant de mes trouvailles, qu’elles soient positives ou non.

          Pour commencer, j’en comptais une goutte dans une tasse en argent massif, et … cela en tachait le fond. Pfiou ! Je testais l’eau, le vinaigre blanc, le liquide vaisselle, un dégraissant surpuissant et du bicarbonate de soude. Rien n’y faisait. J’y coulais alors une base bien costaud qui me servait à déboucher les éviers et les lavabos. Cela fonctionnait bien, et je retrouvais ma tasse plus belle que jamais.

          J’ai commencé le mercredi 3 juillet avec une goutte de soluté de Lugol à 5 % dissoute dans de l’eau, puis 2 gouttes le lendemain dans une infusion de graines de bruyère ; et je me suis réveillé le vendredi 5 juillet à 6 h 30 avec un rêve qui me montrait l’utilisation originale du sélénium. J’avais passé une nuit complète et en plus j’avais un rêve. Bon, j’accompagne le soluté de Lugol par de l’iode naturelle en journée : un plat de moules, une tartine de tartare d'algues, des sardines aux algues par exemple. Je prends aussi en ce moment, une gélule de Mémobiane le soir avant d’aller me coucher, afin de finir de réparer les dégâts occasionnés par le Préviscan. (Mémobiane = zinc + acide pantothénique). Dans la journée, je prends aussi un ou deux cachets de vitamine C acerola 500 ou 1000, selon ce que j’ai de disponible.

          Sélénium. Pff, je ne connaissais même pas ce mot, ou je l’avais oublié. Je le voyais comme une pièce de monnaie, donc dur ; et là, il me servait à enregistrer une histoire, une situation, un toucher, n’importe quoi et … en illimité ! Cette pièce grande comme nos 20 centimes d’€, voire 10, pouvait mémoriser plus que mon ordinateur, beaucoup plus, d’où la sensation d’illimité. Le matin, j’ai lu la définition de mon petit Larousse 2011 : c’est un non métal de densité 4,78 qui fond à 217 °C. On l’utilise pour colorer le verre, conduire la lumière des cellules photoélectriques et traiter les cancers. Ben moi, mon rêve me montre qu’il peut aussi servir à prendre des notes.

          Je continue donc ce régime à 2 gouttes le matin. Cela me fait 12,5 milligrammes. C’est très peu par rapport aux 50 milligrammes recommandés et parfois beaucoup plus, je sais, mais moi j’ai un BEMER pour faire circuler tout ça.