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Aux fins d'enrichir et synthétiser vos pensées, je vous propose de les noter en trois ou quatre temps, la première ne suffit pas.

Donc, vous vous offrez un cahier grand format et grands carreaux afin d’avoir un texte clair et aéré, et vous y notez tout ce qui vous passe par l’esprit, n’importe quoi, même si cela vous semble ridicule, insignifiant, désordonné, inacceptable ou passé de mode. Vous avez le droit de savoir qui vous êtes, et vous avez donc le droit d’écrire tout ce que vous voulez sur ce cahier. Ici, seul votre libre arbitre est sollicité. Aucune morale ou limitation venant de l’extérieur ne doit être tolérée. Même la honte est écartée, car cet exercice consiste juste à savoir de quoi vous êtes porteur, là, maintenant, spontanément. C’est tout et c’est beaucoup ; car en vous relisant, parfois des années après, vous voyez votre style, vos erreurs bien sûr ; mais surtout vos préoccupations et "feux de départ", que vous repérez et développez pour enrichir votre esprit.

Ensuite, vous recopiez votre manuscrit sur votre ordinateur, et comme par miracle, des tas de modifications s’offrent à vous, tout en conservant un texte impeccable et facile à lire. Là, il faut pousser votre réflexion jusqu’à ce que vous soyez incapable d’en changer une virgule ! Alors tout est bon : changez une phrase de place, ou faites-la passer d’un paragraphe à un autre pour voir ce que cela vous inspire. Adaptez la conjugaison (on ne pense pas pareil au passé qu’au futur ou au présent). Il m’arrive aussi de créer un second fichier pour parler du même sujet et voir comment il évolue. Créez des classements de toutes sortes et inversez ou chamboulez ces ordres. Faites des pauses, c’est quand vous n’y pensez plus que votre opinion se précise. Mélangez avec d’autres idées que vous avez écrites avant. Prononcez à voix haute pour savoir si cela accroche ou non. Améliorez la cohérence et la crédibilité, ôtez tout ce qui ne vous va pas à cent pour cent, changez le verbe pour savoir ce qu’il vous dicte, passez sur un autre ordinateur, précisez avec des dessins, utilisez les synonymes, corrigez l’orthographe, simplifiez le texte, revoyez le style, changez le titre, résumez, etc. Tout est bon, pourvu que vous arriviez à enrichir votre pensée. Le seul but valable, c'est de l'affiner jusqu’au total accord avec soi.

Et comme chaque support vous apporte un point de vue différent, vous en changez le plus possible. Du coup, quand je n'arrive plus à faire progresser mes études sur un ordi, je les mets sur un blog ... et comme par miracle, il me faut encore apporter des modifications, faire des aller – retour entre mes notes ! Souvent je ne vois rien du premier coup, et il me faut y revenir plusieurs heures, jours, semaines ou mois après ! La pensée est très élastique, d’une profondeur insoupçonnée ; mais pas la pensée spontanée qui elle ne vaut pas grand-chose, surtout au début où elle est tout juste bonne à jeter ! Au mieux, les notes du cahier servent à fournir des soupçons de fils à tirer. En fait, elles ressemblent à la soupe qu’on vous sert à la télé et dans d’autres médias de prêt à porter ; et je vous garantis que qui que vous soyez, vous valez bien mieux que ça. Vous êtes loin d'imaginer l'immense différence qu’il y a entre vos premières observations et celles de l'arrivée. Et il m’arrive encore, moi qui ai débuté en 1986, des inspirations qui m'aident à préciser des écrits du début !

Il est important de faire simple, en ordre facile à suivre et à comprendre, pour qu’au bout de votre patience vous discerniez votre style, lui accordiez votre confiance et supprimiez vos doutes et vos peurs, principales causes des malheurs de ce monde...

 Et quand ce que j'écris ne suffit pas, il y a les rencontres jamais dues au hasard et ce que je lis