BNP de LavaurLa BNP à Lavaur

 

      Le mardi 11 septembre, poussé à la fois par la réponse de Bertrand Rouannet, et par la curiosité de celui qui voulait vérifier son intuition, j’allais à la BNP pour voir si j’avais envie de changer de banque.

      J’y étais client de 1978 à 2007, et cela se passait toujours bien ; mais c’était une autre époque où j’étais loin d’avoir le même niveau de conscience. De leur côté, les banques n’avaient pas encore eu l’audace de faire voter : ni la loi DSP2 pour se dégager de leur obligation de rembourser les inévitables pillages des comptes bancaires qu’ils n’arrivent pas à sécuriser dès lors qu’on y accède depuis l’Internet, ni la loi bail-in pour faire payer leurs erreurs de gestion et les risques systémiques aux déposants, tout en leur faisant croire qu’ils étaient garantis jusqu’à 100 000 €, alors qu’ils ne disposaient de munitions que pour 51 € par compte ! Enfin, les banques n’avaient pas encore cette insupportable politique de contrôle autoritaire de leurs clients et fournisseurs. Bref, déjà en entrant, j’avais un doute.

      Et ça ne traînait pas ! Au bout de quelques secondes, une dame venait me demander si elle pouvait me rendre service. Je lui répondais que oui, que je voulais commercer à me renseigner pour ouvrir un compte. Je lui expliquais alors que j’avais été client pendant des années, que j’en étais parti pour des raisons familiales, que je n’étais pas bien au CRCA qui se permettait de me donner des ordres, et que je voulais une autre relation avec la banque. Alors, elle me faisait passer dans son bureau ouvert, derrière le comptoir, et je lui résumais la situation.

      Pour ça, il faut prendre rendez-vous, me répondait-elle. Alors, je devais décliner mon identité, ma date de naissance et mon numéro de téléphone, bien que je ne savais même pas son prénom puisqu’elle ne s’était ni présentée, ni n’avait fourni sa carte de visite ; puis nous convenions d’une date, mais cela se terminait par le classique :

      - Si vous voulez ouvrir un compte, il vous faudra amener une pièce d’identité en cours de validité, et un certificat de domicile de moins de trois mois, une facture EDF, par exemple. Nous vous enverrons un SMS de confirmation la veille du rendez-vous. Et c’est seulement là, qu’elle me tendait son bristol avec la date et l’heure de l’entretien.

      J’essayais alors de questionner : pourquoi ce flicage ? Y-a-t-il un code particulier sur ces factures ? Je vous rappelle que c’est nous qui vous nourrissons.

      - Oui, bien sûr, mais c’est parce qu’il faut que nous puissions vous joindre et vous écrire.

      - Oui, mais pourquoi ne me faites-vous pas confiance ? Les autres types de commerce ont aussi besoin de me joindre et ils ne sont pas si exigeants que vous. Pourquoi vous plus que eux ?

      - ...

      Et là, je comprenais que c’était partout pareil, que les banques avaient dans un bel ensemble poussé leur arrogance en mode normal de domination et d’exploitation, voire de pillage ; et que c’était devenu un réflexe pour le personnel, abondamment formé sur ce sujet et bien obligé d’appliquer les directives.

      Dès ma sortie de l’agence, je recommençais à râler :

      - « Non, mais ils son gonflés, ces gens. C’est moi qui leur fournis les capitaux, alors c‘est moi qui devrais exiger leur pièce d’identité, leur certificat de domicile, et même un extrait de casier judiciaire et leurs diplômes pour voir s’ils sont fiables et s’ils ont fait l’effort de comprendre leur métier ».

      « Ils se servent de mes apports à discrétion, sans jamais me rémunérer, ou si peu que c’en est négligeable ; et surtout, sans me rendre compte de quoi que ce soit ! Je ne sais même pas ce qu’ils font de mon argent !! Quant à leurs crédits, ils ne leur coûtent rien, puisqu’ils créent eux-mêmes la monnaie, juste en écrivant les montants souscrits sur le compte du demandeur. Leur fatigue du poignet est super bien payée ! »

      « Alors d’un côté ils ne rémunèrent pas le fruit de mon labeur et en plus ils me donnent des ordres qui vont jusqu’aux menaces voire aux amendes ; et ils me facturent des frais bidons ! Et de l’autre, ils imposent des intérêts et autres chargements (assurances, frais de garantie, frais de tenue de compte, etc.), sur des crédits qui ne leur coûtent rien, puisque ce sont juste des écritures. »

      « Quand c’est moi qui fournis, mon argent fruit de mon labeur ne vaut rien, mais quand eux se contentent de taper des chiffres sur un compte électronique, ça vaut de l’or ! D’un côté la valeur de mon travail de toute une vie est niée, de l’autre leur roublardise est facturée à un prix exorbitant. D’ailleurs à ce sujet, quand ils sont en concurrence pour le crédit, ils sont bien moins chers que face à leur clientèle captive, qui doit payer jusqu’à 21,21 % d’intérêts / an sur les découverts de plus de 3000 € ! »

      « C’est quoi, ça ? Faut pas croire que ça va durer ! »

      Et là, revient mon idée, de créer pour nos Euros, une blockchain voire une holochain comme pour les monnaies cryptées bien plus sûres que les monnaies officielles, afin d’y stocker nos ressources et les échanger entre nous, hors des banques avec la comptabilité gratuite incluse. Les logiciels existent. Il n’y a qu’à se servir.