divertissement

LE DIVERTISSEMENT

 C’est ma cadette qui a mis ce mot dans ma tête : divertissement ; et depuis, il me travaille. Je n’ai pas besoin de me divertir, moi ! Ma Vie me suffit. C’est quoi, se diver­tir ? Cela veut-il dire : « être autre chose que soi même » ? Parce que je les vois ve­nir, avec leurs combines pour me faire rentrer dans un jeu qui leur rapporte. Ce n’est pas pour rien, que j’ai résilié les abonnements la télé et tout ce qui soumettait à ceux qui voulaient me dicter ma pensée et ma Vie.

Bref, le divertissement, c’est l’obstacle à être soi ; la distraction fatale qui con­duit à l’esclavage. J’aime pas, le divertissement. Il faut vraiment s’en­nu­yer avec soi, pour être motivé à se divertir ; angoissé aussi, pour exiger d’un autre, ou même d’un support matériel, de prendre la place de son quant à soi ! Quand je vais au spectacle, ce n’est pas pour me divertir, mais pour me nourrir. Ce n’est pas non plus parce qu’il me "faut" voir ceci ou cela, ou parce que c’est à la mode, et encore moins pour me faire passer une soirée hors de moi même ; mais pour appren­dre ou me réjouir de l’intelligence d’un autre à travers sa poésie, son état d’es­prit, son savoir et son faire plus riches sur certains points que le mien, ce qui me fait avancer.

Il n’y a rien de plus nocif, que le divertissement. C’est une occu­pation stérile qui ne produit que des otages. Passer son temps à perdre son temps, trom­per le temps et mê­me tuer le temps, pff, quel projet ! Et pendant ce temps, d’autres vous disent quoi faire… De mon point de vue, on est dans une éner­gie. C’est à nous d’en faire quelque chose de beau, car seule la beauté prouve la perfec­tion. On n’est pas obligé d’ac­cepter tout ce qui passe à notre portée...

Et d’ailleurs, je me dis qu’une idée aussi vicieuse que le divertissement, ne peut germer que dans des cerveaux affaiblis par le système de l’argent dette. C’est le fric, qui crée l’oubli de soi, parce qu’il oblige à regarder hors de soi pour acheter ce que les autres veulent vendre, et à "ga­gner sa Vie". Est-ce que vous vous rendez compte de la vacuité du terme mis entre guillemets ? Êtes vous nés pour "ga­gner votre vie", ou pour Vivre votre Vie, en éprouver le chemin et le paysage choisis, pour les em­bel­lir à foison et partager vos trouvailles ?

Je terminerai en écrivant que la seule chose qui compte, c’est d’être soi, à fond, sans concession, tous les jours de sa Vie. Ça, à terme c’est réjouissant. Au début, quand vous décidez de vous intéresser à tirer un des fils de votre Vie, il vous semble bien fragile et insignifiant ; mais avec le temps, il se solidifie et vous nourrit de l’in­té­rieur. Je ne connais rien de plus sympa ni de plus rassurant. Et puis c’est éco­no­mi­que ! En effet, être soi coûte bien moins cher que ce que les autres veulent que vous soyez. En plus, c’est la seule possibilité pour créer de l’intelligence ; et à partir de là, tous ensemble, d’inventer une vraie civi­li­sa­tion, gaie, pas­sionnante ; mais pas le truc débile et stressant actuel, qui ra­va­ge tout ce à quoi il touche !!!